LES GRANDS TYPES DE FORÊTS DANS LE MONDE

  • Critères de classement
    La forêt mondiale est un véritable empire éclaté en plusieurs vastes ensembles que les biogéographes ont qualifié, au XIXe siècle, de formations végétales et, plus récemment, de biomes. De multiples critères peuvent être retenus pour distinguer des types de forêts. Un des premiers principes simples de différenciation est d'ordre géographique. Il est possible de distinguer, à l'échelle des grandes zones astronomiques du globe, la forêt boréale, australe, tempérée, intertropicale, équatoriale, etc. En prenant en compte de manière plus fine les données de la topographie, des pentes, des altitudes, on peut différencier les forêts de plaine des forêts de montagne et, parmi celles-ci, opposer la forêt andine à l'appalachienne, à l'himalayenne, à l'ouralienne, à l'alpine, etc. Les bassins des grands fleuves peuvent aussi servir de principe de découpage : forêt amazonienne, congolaise, rhénane, danubienne. Souvent, le nom d'une localité est simplement accolé au terme de forêt : forêt de Fontainebleau, d'Orléans, de Sherwood, de Bielowieza, etc. Enfin, les clivages climatiques sont également utilisés, parfois pour départager et nommer les forêts : forêt de mousson, méditerranéenne, pluvieuse, océanique, etc. Ces différents critères géographiques ne sont pas tous d'égale valeur, ni d'égale précision. Il importe de ne pas les mélanger de façon arbitraire, ce qui fausse les comparaisons possibles. D'autres critères encore sont couramment utilisés pour nommer et distinguer les grandes forêts mondiales. Les rythmes biologiques saisonniers - chute totale du feuillage (forêt caducifoliée) ou pérennité apparente (forêt sempervirente) - constituent également un principe de différenciation essentiel pour les paysages et le fonctionnement des écosystèmes forestiers. La composition des essences majeures permet d'opposer forêts de conifères et forêts de feuillus. De façon plus précise, sur le plan floristique, de nombreuses forêts sont désignées par le nom du genre de l'arbre dominant : chênaie, hêtraie, frênaie, bétulaie, sapinière, pineraie, forêt d'araucarias, etc. Des facteurs écologiques contraignants, visibles et parfois spectaculaires, sont aussi utilisés pour caractériser un ensemble forestier : forêt sèche, marécageuse, humide, de brouillard, etc. De multiples autres traits peuvent être ajoutés ou substitués à tous ceux déjà évoqués : le critère de taille (forêt haute, basse, naine, etc.), l'appréciation du taux de couverture (forêt dense, fermée, trouée, claire, ouverte, etc.), la présence d'une stratification plus ou moins apparente (forêt monostrate ou pluristrate). Pour bien nommer une forêt, il importe de tirer parti des critères topographiques, biologiques, physionomiques et botaniques.
  • La forêt boréale

    La forêt boréale, ou taïga, est la plus vaste forêt du monde. Elle représente le tiers des superficies forestières mondiales. Elle apparaît dans l'hémisphère Nord comme un vaste anneau circumpolaire, presque continu sur 10 000 km (6 000 km en Eurasie, 3 500 km en Amérique du Nord), simplement interrompu par le détroit de Béring et par l'océan Atlantique. Première forêt mondiale pour la production du bois, elle est particulièrement dense sur ses marges méridionales. Monotone en raison de sa spécificité et de sa monostratification, elle est dominée par les conifères?; épicéas, sapins, pins et mélèzes en sont les constituants essentiels. Des animaux recherchés pour leur fourrure (vison, martre, renard argenté) y voisinent avec les troupeaux de rennes. En été, les insectes pullulent dans les milieux humides. La neige y joue un rôle écologique majeur en hiver tout comme, en été, de gigantesques incendies, qui s'y propagent sur d'immenses surfaces. Sols gelés, podzols et sols engorgés par l'eau forment l'essentiel des couvertures pédologiques. Lorsque la température moyenne annuelle descend en dessous de -?5?°C, la taïga est remplacée au nord par la toundra.

    La forêt tropicale

    La deuxième grande forêt mondiale est la forêt dense, appelée aussi équatoriale, car son centre de gravité se trouve à proximité de l'équateur. À la différence de la forêt boréale, qui forme un ensemble continu, cette forêt est fragmentée en trois grands sous-ensembles : deux d'entre eux correspondent aux immenses bassins fluviaux des deux premiers fleuves mondiaux pour les débits, l'Amazone et le Zaïre?; le troisième fragment est morcelé en une infinité de lieux sur plusieurs continents : les îles et les presqu'îles de l'océan Indien et de l'océan Pacifique (Inde, Madagascar, Indonésie, Australie, Nouvelle-Guinée, etc.). Comme la forêt boréale, cette forêt est toujours verte, car tous les arbres ne perdent pas leurs feuilles en même temps. Elle est d'une extraordinaire richesse, avec plus de 50 000 espèces d'arbres identifiées. Son architecture est impressionnante par sa taille et la superposition de strates multiples constituées d'arbres de différentes tailles - jusqu'à 50 m de haut - de buissons, d'herbes et de champignons. Parmi ses traits physionomiques majeurs, les plus caractéristiques sont l'absence de lumière, la profusion des lianes et des épiphytes, l'aspect particulier de la base de nombreux troncs, souvent lisses, mais surtout renforcés par de formidables contreforts, la présence de feuilles terminées en pointe (acuminées) et les floraisons extraordinaires à même les troncs (la cauliflorie) ou sur les cimes, seulement visibles depuis des observatoires élevés. C'est une forêt relativement mal connue. Les forêts galeries, le long des fleuves, tels les Varzeas de l'Amazone ou les marécages - gri-gri de Guyane, poto-poto de Côte d'Ivoire ou swamp forest du Nigeria - en constituent les faciès floristiques et fauniques les plus riches. Cette forêt dense, appelée aussi forêt pluvieuse, est entourée de forêts dites sèches ou de mousson là où les pluies sont moins abondantes et où apparaît une saison sèche plus ou moins longue. Alors le caractère sempervirent s'atténue, la taille des arbres diminue, le couvert s'ouvre et le passage vers des forêts de plus en plus claires ou des savanes boisées se fait tantôt progressivement, comme en Afrique occidentale, tantôt plus brutalement, comme à Madagascar ou en Inde. La caatinga brésilienne, les forêts à baobabs dites soudaniennes, en Afrique, et les forêts de mousson à teck et à sal, en Inde, qui abritent cerf sambar, ours lippu, chien sauvage et écureuil géant, sont les mieux connues de ces forêts mixtes et claires mais aussi les plus menacées par les incendies, les pâturages et le défrichement.

    Les forêts tempérées

    Les forêts tempérées, à feuillage caduc, forment dans l'hémisphère Nord quatre blocs distincts sur les façades orientale et occidentale des continents nord-américain et eurasiatique. Parmi ces forêts des zones tempérées, la forêt de conifères géants du littoral pacifique de l'Amérique du Nord, pluvieux, humide, brumeux et neigeux, tient une place à part. Étendue sur 3 600 km de l'Alaska à la Californie le long des chaînes côtières des montagnes Rocheuses, elle est apparentée à la forêt boréale par l'omniprésence de conifères (épicéa Sitka, pin Douglas, tsuga de l'Ouest, thuya géant et de nombreuses espèces de sapins), mais elle rappelle aussi la forêt tropicale par son gigantisme et son énorme biomasse. Les séquoias, qui peuvent dépasser 100 m de haut et 5 m de diamètre, en sont les arbres les plus marquants. Protégée dans des parcs nationaux, cette forêt abrite les écureuils roux et gris, le tamia doré et l'opossum, qui se nourrissent des graines des résineux et accumulent des provisions de cônes en prévision des hivers rigoureux. Cette extraordinaire forêt a son équivalent réduit, au Chili, sur les contreforts des Andes, dans la région de Valvidia. Les autres forêts tempérées sont dominées par les feuillus. La forêt européenne est la plus pauvre floristiquement parlant, comparée à ses homologues est-américaine et chinoise (vingt-huit espèces de chênes aux États-Unis contre sept en Europe, par exemple, cinquante espèces différentes d'érables dans la forêt chinoise et japonaise pour moins de dix en Europe). Toutes ces forêts tempérées ont été défrichées et utilisées depuis des millénaires par les sociétés paysannes asiatiques et européennes et, depuis quelques siècles, pour les besoins essentiellement urbains et industriels en Amérique du Nord. « forêt », Encyclopédie Microsoft® Encarta® 2000. © 1993-1999 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.